Dans les Solos et Duos, je reste fidèle au désir qui a toujours été le mien de produire une peinture existentielle et incarnée. Après de multiples expériences où se jouaient la mise en doute du tableau, la fragilité intrinsèque de la peinture, tout autant que sa force mémorielle, je peux enfin amorcer une boucle qui mène à une « figuration retrouvée » et assumée, nourrie des « catastrophes » qu’elle a traversées – comme hors temps – voire archaïque, toujours plus ancrée dans le substrat physique de la peinture et qui atteste, in fine, d’un retour toujours possible au tableau. La peinture reste à mes yeux un analogue de la chair. La figuration fait corps avec la matière et structure le feuil pictural, où la dimension haptique est inséparable de l’image et du signe...